L'essentiel à savoir

  • Le syndrome du sauveur n'est pas répertorié dans le DSM ; il traduit un besoin permanent de gratitude et de reconnaissance, aussi appelé « co-dépendance ».
  • Trois profils sont décrits : le sauveur abîmé, le sauveur empathique et le sauveur terrorisant.
  • Les causes remontent souvent à l'enfance : traumatismes, abandons ou enfants parentifiés.
  • Il se distingue du syndrome de l'infirmière car le sauveur attend une reconnaissance en retour de son aide.
  • La prise en charge repose sur la prise de conscience du trouble et un travail sur l'estime de soi.

1. QU'EST CE QUE LE SYNDROME DU SAUVEUR ?

Le syndrome du sauveur est un trouble psychologique qui n'est pas répertorié dans le DSM. Les personnes ont un besoin permanent de recevoir de la gratitude et de la reconnaissance d'autrui. Ainsi, il présente une empathie et un besoin de sacrifice pour les autres, qui est constant. Ce syndrome est également qualifié de « co-dépendance ».

Ce sont des personnes qui manquent énormément de confiance en elles-mêmes. Ce qu'elles recherchent avant tout n'est pas forcément d'aider autrui, mais de façon inconsciente, elles cherchent à s'aider elle-même. Le fait d'aider les autres va également permettre de satisfaire son égo que ce soit à ses yeux ou au yeux des autres.

L'empathie est donc un trait de caractère particulièrement développé chez ces personnes. On les retrouve notamment souvent dans les métiers ayant un lien avec l'aide à autrui. Les métiers où les personnes doivent faire appel à beaucoup de bienveillance notamment dans le cadre de la santé. Les sauveurs peuvent également plus facilement s'entourer de personnes qui ont besoin d'être aidés, telles que des personnes ayant une addiction.

Il est nécessaire de bien distinguer une personne souffrant d'un syndrome du sauveur et une personne altruiste. La grande différence entre les deux tient du fait que le sauveur ne va pas avoir de limite dans l'aide qu'il va apporter, allant jusqu'à se sacrifier lui-même ou sacrifier ses besoins.

Il existe différentes catégories de sauveurs :

  • le sauveur abîmé : représenté par des personnes qui ont besoin d'être aimés et admirés pour pouvoir compenser ses blessures et son image de lui-même. Ils ont donc un besoin constant d'être admiré.
  • Le sauveur empathique : ce type de sauveur est une personne qui va peu supporter le fait que son conjoint s'éloigne, il va vivre cette distance émotionnelle comme une menace. Ainsi ce type de sauveur va avoir extrêmement peur d'être abandonné.
  • Le sauveur terrorisant : c'est une personne qui va vouloir tout faire pour ne surtout pas être abandonné. C'est donc un manipulateur, qui va exercer un contrôle physique et émotionnel sur sa victime.

Dans les cas les plus extrêmes, le sauveur peut aller jusqu'à provoquer le malheur chez autrui en le rabaissant, le manipulant… pour plus facilement pouvoir le sauver ensuite.

2. LES CAUSES DU SYNDROME DU SAUVEUR

Plusieurs explications ramènent à ce syndrome. Souvent on retrouve les causes du syndrome du sauveur dans l'enfance.

Ce peut être des enfants qui ont vécus différents traumatismes, abandons.

Ce peut être également des enfants qui ont été « parentifiés ». C'est-à-dire que très tôt ils ont dû prendre le rôle de parents auprès de leurs frères et sœurs par exemple.

Ce sont des personnes qui ont besoin de se sentir valorisées et d'exister pour les autres. Avec une estime d'eux même souvent très basses, l'aide à autrui leur permet de pouvoir améliorer leur égo.

3. LE LIEN AVEC LE SYNDROME DE L'INFIRMIÈRE

Avec la multitude de syndrome qui existe, on peut facilement se perdre. Il faut cependant veiller à ne pas confondre syndrome du sauveur et syndrome de l'infirmière.

La première distinction se fait par la prévalence des personnes concernées par le syndrome de l'infirmière. Comme son nom semble l'indiquer, ce sont souvent des femmes qui souffrent du syndrome de l'infirmière alors que pour le syndrome du sauveur ce sont des hommes et des femmes de façon indifférenciée.

La deuxième grande distinction entre les deux vient de l'apport de l'aide. En effet, dans le cadre du syndrome du sauveur, la personne attend une certaine reconnaissance derrière son aide. Le fait d'aider autrui lui permet de pouvoir gonfler son égo. Certains vont même appeler le syndrome du sauveur sous le nom « d'altruiste narcissique ».

Dans le cadre du syndrome de l'infirmière, les personnes ne cherchent aucun intérêt derrière leur aide, elles sont dans une empathie, une générosité et un besoin d'aider les autres, sans rien attendre en retour. La relation de couple d'une personne ayant le syndrome de l'infirmière peut être extrêmement toxique pour les deux partenaires. « L'infirmière » va tout donner pour son/sa conjoint(e) tandis que la deuxième personne du couple peut se sentir infantilisée.

4. PRISE EN CHARGE DU SYNDROME DU SAUVEUR

Pour pouvoir prendre en charge le syndrome du sauveur, une première étape est primordiale. La prise de conscience du trouble.

Le but de la thérapie ne va pas être de tomber dans l'autre extrême est donc de ne plus aider autrui. Mais elle va être dans le fait de pouvoir accompagner, aider sans tomber dans une relation malsaine qui peut nuire à la personne.

Les besoins des sauveurs sont souvent mis de côté au profit des besoins des autres. Le but va être d'amener la personne à se recentrer sur ses propres besoins : les identifier et se concentrer sur ces derniers.

Il est nécessaire de travailler sur l'estime de soi des personnes sauveurs, ainsi que sur leurs croyances négatives.

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FAQ

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Quelles sont les pathologies pouvant être traitées en réalité virtuelle ?

La réalité virtuelle est utilisée dans le traitement des troubles anxieux, des phobies, du stress post-traumatique, des troubles obsessionnels compulsifs, des addictions et des troubles cognitifs. Ces pathologies bénéficient d'une exposition graduée en environnement contrôlé.

Qui peut utiliser la réalité virtuelle pour soigner ?

La réalité virtuelle est utilisée par des praticiens formés : psychologues, psychiatres et ergothérapeutes. Ils intègrent les environnements virtuels dans une thérapie par exposition en réalité virtuelle, en adaptant le protocole aux besoins du patient.

Ai-je accès à tous les environnements ?

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La réalité virtuelle peut-elle être dangereuse ?

La réalité virtuelle n'est pas dangereuse en elle-même, mais certains patients peuvent ressentir un cybermalaise, sensation proche du mal des transports. Ce phénomène concernerait environ 10% des utilisateurs et disparaît généralement après l'arrêt de l'exposition.

Comment prendre en charge le syndrome du sauveur ?

La prise en charge commence par la prise de conscience du trouble, puis amène la personne à identifier et se recentrer sur ses propres besoins, tout en travaillant sur son estime de soi et ses croyances négatives.

Pourquoi utiliser la réalité virtuelle dans le champ de la santé mentale ?

La réalité virtuelle permet une exposition graduée à des situations anxiogènes dans un cadre sécurisé. Elle propose des environnements réalistes et reproductibles, favorise l'engagement du patient et permet une prise en charge personnalisée adaptée aux troubles anxieux, phobies, addictions et troubles de l'humeur.